En Gambie, la passation de pouvoir approche et Jammeh s’accroche

En Gambie, la passation de pouvoir approche et Jammeh s’accroche
10/01/2017 14:30

La Cour suprême qui devait statuer sur le recours du président Yahya Jammeh, perdant de la présidentielle de décembre, n’a pu se réunir faute de juges.

 

Alors que la date fatidique de la fin de mandat du président sortant Yahya Jammeh approche, le 19 janvier, l’étau de la légalité continue de se resserrer autour de l’autocrate, au pouvoir depuis plus de vingt-deux ans. La Cour suprême, qui devait juger, mardi 10 janvier, le recours déposé par le camp Jammeh contestant le résultat de la présidentielle du 1er décembre 2016, n’a pu se réunir aujourd’hui faute de juges. Des six juges qui devaient siéger, aucun n’était présent à Banjul à l’ouverture de l’audience.

Les cinq Nigérians et le Sierra-Léonais n’ont pas répondu à l’appel du régime. Dans un courrier lu par Le Monde Afrique, les cinq Nigérians ont décliné « l’invitation », officiellement pour « un problème de calendrier », alors que le Sierra-Léonais serait toujours à Freetown, selon les agences.

Maintien du recours

« Il n’y aura pas de verdict aujourd’hui pour la simple raison que Yahya Jammeh ne peut établir une cour sans juges, et la Cédéao n’a pas autorisé les juges sollicités à quitter leur pays respectif », analyse James Gomez, ancien maire de Banjul et nommé par l’entourage d’Adama Barrow, le successeur légitime de Yahya Jammeh, responsable de l’organisation de la cérémonie de passation de pouvoir.

Seul le procureur général de Gambie, le Nigérian Emmanuel Fagbenle, était présent ce jour à la Cour suprême et, après deux heures d’attente, a notifié à l’avocat de Yahya Jammeh, Edward Gomez, qu’un examen du recours ne serait possible qu’en mai. Selon des sources concordantes, il a demandé à Edward Gomez si le président sortant maintenait sa plainte d’ici là. Ce dernier lui a répondu par l’affirmative.

Pourquoi faire appel à des juges étrangers pour une affaire nationale ? « Le secteur légal en Gambie est extrêmement faible, explique Niklas Hutlin, professeur à l’université américaine George Mason (Virginie) et spécialiste de la Gambie. Mais il n’y a aucun accord entre le Nigeria et la Gambie pour qu’Abuja envoient du personnel judiciaire à Banjul, les juges peuvent ne pas venir s’ils le souhaitent. » Alors que l’audience du recours devait se tenir ce matin, l’absence de juges bloque de facto le processus.

« Détermination à résoudre la crise »

Au même moment, à Abuja, la Communauté économique d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) redouble d’efforts pour convaincre Yahya Jammeh de se retirer le 19 janvier. A l’initiative des médiateurs de la crise gambienne, le président nigérian Muhammadu Buhari et l’ancien président ghanéen John Dramani Mahama, une réunion extraordinaire, lundi, a réuni, outre les deux précités, le président du Sénégal Macky Sall et Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia et de la Cédéao. ...

 


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