Hollywood et Pékin main dans la main

Hollywood et Pékin main dans la main
Source : Lemonde.fr
06/01/2017 14:30

Matt Damon devant la caméra, Zhang Yimou derrière : avec ce casting, « La Grande Muraille », coproduction sino-américaine et épopée à la gloire de la Chine, veut séduire les publics des deux pays. Ce n’est pas gagné.

Avec ses 150 millions de dollars de budget, La Grande Muraille, du réalisateur chinois Zhang Yimou, avec Matt Damon, est le film le plus cher jamais tourné en Chine. Sorti le 16 décembre 2016 dans le pays, il a connu un succès honorable, récupérant en quelques semaines seulement la mise avancée. Il est à l’affiche en France à partir du mercredi 11 janvier et sortira aux États-Unis en février. Il s’agit d’une coproduction sino-américaine, montage financier très prisé puisqu’il permet de contourner les quotas imposés aux films étrangers en Chine (davantage taxés et dont le nombre de sorties est restreint).

Pour plaire au public des deux continents, les producteurs ont donc misé sur un acteur célèbre en Occident et sur un réalisateur dont Hero (2002) et Le Secret des poignards volants (2004) ont été des succès aux box-offices chinois et américains.

Dans le film La Grande Muraille, une épopée qui se déroule pendant la dynastie Song (960-1279), tout donne une image flatteuse de la Chine. Au point que certains l’ont décrit comme un clip touristique survitaminé.

Chauvinisme à grand spectacle

« C’est la cérémonie des Jeux olympiques sur la Grande Muraille ! », a raillé un message posté sur Weibo (le Twitter chinois) qui a beaucoup circulé, allusion à la mise en scène par le même Zhang Yimou de la spectaculaire cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, en 2008.

« Le vrai héros et le sauveur du film, [ce sont] donc les vertus chinoises du courage, de l’abnégation et de la discipline. » Extrait du « Global Times »

Avant même la sortie du film, des internautes avaient dénoncé le personnage de Matt Damon comme un cas de whitewashing – la propension d’Hollywood à « blanchir » les représentants d’ethnies non-occidentales. Mais, en réalité, le comédien joue un Anglais. Mercenaire sans morale cherchant à voler la recette de la poudre explosive, il aide les armées chinoises à repousser des hordes de monstres lancés à l’assaut de la Grande Muraille. Le Global Times, quotidien chinois ultranationaliste, ne s’est pas trompé quant à la dimension chauvine du film : « Inspiré par l’esprit de sacrifice et la discipline des troupes [chinoises], [Matt Damon] reçoit l’enseignement d’une femme générale qui lui apprend le principe de la confiance. Le vrai héros et le sauveur du film, [ce sont] donc […] les vertus chinoises du courage, de l’abnégation et de la discipline », lit-on dans une tribune du 20 décembre.
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