Netanyahou demande la grâce du soldat reconnu coupable d'homicide sur un Palestinien

Netanyahou demande la grâce du soldat reconnu coupable d'homicide sur un Palestinien
04/01/2017 20:16

A la suite de la condamnation d'un soldat franco-israélien, reconnu coupable d'homicide pour avoir achevé un Palestinien blessé, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré souhaiter qu'il bénéficie d'une grâce.

Quelques heures après le verdict d'un tribunal militaire israélien, qui a reconnu, mercredi 4 janvier, coupable d'homicide un soldat franco-israélien, le Premier Benjamin Netanyahou n'a pas tardé à réagir. Il souhaite que le soldat, accusé d'avoir achevé un assaillant palestinien blessé, bénéficie d'une grâce.

"C'est une journée difficile et douloureuse – d'abord et avant tout pour Elor, sa famille, les soldats israéliens, beaucoup de citoyens et de parents de soldats, dont moi-même... Je suis favorable à ce qu'Elor Azaria soit gracié", a écrit le chef du gouvernement sur sa page Facebook.

Dans l'attente de la sentence

Les trois juges devraient prendre plusieurs semaines avant de prononcer leur peine à l'encontre du sergent Elor Azaria, 20 ans, qui encourt 20 ans de prison.

Le jeune soldat est jugé depuis mai 2016 pour avoir tiré une balle dans la tête d'un Palestinien gisant au sol et apparemment hors d'état de nuire.

Le jugement, attendu en direct par les grandes chaînes de télévision, a continué à mettre en lumière les profondes lignes de fracture causées dans l'opinion par l'affaire Azaria, entre ceux qui plaident pour le strict respect par l'armée de valeurs éthiques et ceux qui invoquent le soutien dû aux soldats confrontés aux attaques palestiniennes.

Des accrochages ont éclaté entre des dizaines de jeunes supporteurs du soldat et les forces de l'ordre à l'extérieur du quartier général de l'armée où le tribunal statuait. Deux personnes ont été arrêtées, selon la police. "Le peuple d'Israël n'abandonne pas l'un de ses soldats sur le champ de bataille", proclamait une pancarte.

Le dossier Azaria a opposé l'état-major, qui s'est posé en garant de certains idéaux militaires et a poussé à ce qu'il soit jugé, à une grande partie de la droite et des personnalités politiques de premier plan.

"Ce procès n'aurait jamais dû avoir lieu", a déclaré la ministre de la Culture Miri Regev. Elor Azaria est "notre fils, notre enfant", a-t-elle ajouté, et il aurait dû faire l'objet de mesures disciplinaires au sein de son unité.

Avant de devenir ministre de la Défense, Avigdor Lieberman avait signifié son soutien au soldat en assistant au début de son procès. Désormais détenteur de l'un des plus importants portefeuilles gouvernementaux, il a indiqué ne pas aimer le jugement, tout en appelant à le respecter et "à faire preuve de retenue". "J'appelle le monde politique à cesser de s'en prendre aux responsables des services de sécurité, à l'armée et à son chef d'état-major", a-t-il dit.

Dans un pays régulièrement confronté aux attaques palestiniennes et où l'armée est une institution incontournable, des milliers d'Israéliens ont pris fait et cause pour le soldat, lors de manifestations ou sur les réseaux sociaux.

Des lignes de défense pilonnées

Elor Azaria a été salué par des applaudissements et des accolades chaleureuses lorsqu'il est arrivé en uniforme, un large sourire crispé sur son visage, dans le prétoire exigu où avaient pris place ses proches, dont sa mère tremblotant, visiblement très éprouvée.

Il s'est montré tendu au fil des presque trois heures de lecture du jugement par la présidente de la cour, le colonel Maya Heller.

Le soldat avait été filmé le 24 mars 2016 par un activiste pro-palestinien alors qu'il tirait une balle dans la tête d'Abdel Fattah al-Sharif à Hébron en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'armée israélienne.

Ce jeune homme de 21 ans venait, avec un autre Palestinien, d'attaquer des soldats au couteau. Atteint par balles, il gisait à terre grièvement blessé et ne posait apparemment plus aucun danger. Son complice était apparemment déjà mort. ...


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