Taïwan n’a plus que deux alliés en Afrique

Taïwan n’a plus que deux alliés en Afrique
02/01/2017 12:30

Sao Tomé-et-Principe s’est tourné vers Pékin fin décembre. Seuls le Burkina Faso et le Swaziland continuent de reconnaitre la République de Chine. Retour sur un jeu de go diplomatique.

 

L’année 2017 sera tendue pour Taïwan. La présidente Tsai Ing-wen a demandé au ministère des affaires étrangères de revoir tous les programmes d’aides suite à la défection surprise de Sao Tomé et Principe le 21 décembre.

« Il nous reste vingt et un alliés, nous devons les choyer », a déclaré la présidente taïwanaise.

Plusieurs réunions de crise ont eu lieu ces derniers jours et les diplomates taïwanais se démènent pour sauver les positions en Afrique où Taipei se trouve fragilisé.

Le dernier pays à avoir changé de camp était la Gambie, qui avait rompu avec Taiwan en 2013, mais ne fut reconnue par la Chine communiste qu’en mars dernier. Pékin ayant pris soin à l’époque de ménager le président taïwanais Ma Ying-jeou.


Mais les temps ont changé et les positions se durcissent entre la Chine continentale et l’actuelle présidente alors qu’un coup de téléphone à Donald Trump a ravivé les tensions entre les deux rives du Détroit.

Le bouillant milliardaire a rompu avec quatre décennies de politique américaine en prenant un appel téléphonique de la présidente taïwanaise alors que la Chine interdit tout contact officiel entre ses partenaires étrangers et des dirigeants de Taïwan.

L’affaire provoque des remous jusqu’en Afrique où en un tour de vis diplomatique la Chine a arraché Sao Tomé au club des rares Etats du monde qui reconnaissent le gouvernement rival de Taïwan.

Treize alliés en 1995

Seuls deux pays africains reconnaissant encore Taiwan, le Swaziland et le Burkina Faso. Ils étaient treize en 1995 !

Le Burkina est sans doute le pays le plus courtisé par la Chine et le plus important allié de Taiwan sur le continent.

Très proche de l’ancien président Blaise Compaoré qui s’est rendu dix fois en visite officielle à Taïwan depuis le rétablissement en 1994 des relations diplomatiques, Taipei marche sur des œufs avec l’actuel chef d’Etat, Roch Marc Christian Kaboré qui ne s’est jamais déplacé sur l’île nationaliste, se contentant d’y envoyer en juin dernier le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo.

Les chancelleries du Burkina et de Taipei assurent que les relations sont toujours au beau fixe mais Ouagadougou serait une prise de guerre de poids pour la République populaire de Chine.

Au Burkina, les investissements chinois notamment dans le secteur minier sont de plus en plus importants et visibles. Ils pourraient faire un jour pencher la balance en faveur de Pékin. C’est la raison pour laquelle lors de la dixième Commission mixte de coopération Burkina Faso-Taiwan qui s’est tenue en décembre, Taipei a promis de nouveaux investissements au Burkina qui profite désormais de son statut particulier dans ce jeu de go diplomatique opposant Taipei et Pékin.

Pour Sao Tomé en revanche, l’affaire a été prestement menée. En novembre 2013, Pékin ouvrait dans la capitale un bureau de liaison et mettait en place un embryon de coopération économique. ...


 


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