A la Biennale de Venise, les pavillons africains portent l’art au cœur des plaies

A la Biennale de Venise, les pavillons africains portent l’art au cœur des plaies
Source : Lemonde.fr Afrique
18/05/2017 11:00

Pour cette 57e édition, le Nigeria, la Tunisie, l’Afrique du Sud et l’Egypte s’emparent des douloureuses questions contemporaines : migration, esclavage, racisme et misogynie.

 

Le cru africain de la Biennale de Venise 2017 est-il à la hauteur du millésime 2015, où les artistes du continent avaient été portés en majesté par le commissaire américano-nigérian Okwui Enwezor de l’exposition « All the World’s Futures » ? Cette année, malheureusement, les créateurs originaires du continent et de sa diaspora se comptent sur les doigts des deux mains. La commissaire de cette édition, Christine Macel, a invité le Franco-Algérien Kader Attia, les Marocains Younès Rahmoun et Achraf Touloub, le Nigérian Jelili Atiku, le Zambien John Latham, l’Egyptien Hassan Khan et le Malien Abdoulaye Konaté. Si tous ont bénéficié d’un grand espace pour s’exprimer, c’est plutôt dans les pavillons nationaux, d’un professionnalisme inédit, que la présence africaine reprend des couleurs.
A chaque édition, le Zimbabwe fait des étincelles avec des propositions de haute volée. Mais la surprise vient cette année des nouveaux venus et des pays généralement à côté de la plaque. Présent pour la première fois, le Nigeria a pris ses quartiers dans une ancienne école avec deux artistes, Victor Ehikhamenor et Peju Alatise, ainsi que le danseur Qudus Onikeku. Ce dernier sort du lot avec trois vidéos où les corps-à-corps virent à la lutte ou à la parade amoureuse. De la culture yoruba, Qudus Onikeku a retenu une capacité à se mêler à l’autre, une volonté de raviver la mémoire des corps pour aiguillonner la conscience collective.

Le thème de la migration

La Tunisie fait aussi son baptême vénitien à l’initiative de Lina Lazaar. La jeune mécène a choisi comme thème la migration, en partant de chiffres édifiants : en 2015, 65,3 millions de personnes ont été déplacées de force. Plusieurs millions d’entre eux attendent un statut de réfugié. Pour illustrer ce problème, Lina Lazaar a installé au sein de la Biennale deux kiosques où des douaniers fournissent un document de voyage universel et gratuit, qui ressemble à s’y méprendre à un visa. Avec un franc succès : depuis le 9 mai, 8 120 visiteurs ont demandé ce sésame fictif. Chemisette blanche et fez bleu vissé sur la tête, cinq jeunes Tunisiens âgés de 18 à 23 ans ont endossé le rôle de douanier. Plusieurs semaines avant le vernissage, ils avaient répété leur partition avec Lina Lazaar pour surmonter leur trac et parfaire un anglais approximatif. ...


 


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