Au Cameroun, le premier procès contre Camrail ouvert à Douala

Au Cameroun, le premier procès contre Camrail ouvert à Douala
Source : Lemonde.fr Afrique
17/05/2017 14:00

Le déraillement du train 152 à proximité de la gare d’Eseka en octobre 2016 avait fait officiellement 79 victimes et plus de 600 blessés.

 

Plus de six mois après l’accident de train d’Eseka qui avait fait, officiellement, 79 morts et plus de 600 blessés, le premier procès contre la Cameroon Railways (Camrail) s’est ouvert, mercredi 17 mai, au tribunal de première instance (TPI) de Douala, capitale économique du Cameroun. Initialement prévu pour débuter lundi, le procès avait été immédiatement renvoyé à mercredi pour « indisponibilité » de la juge désignée.
Ce premier volet judiciaire, important pour les victimes, n’est pourtant pas destiné à faire la lumière sur les raisons de ce drame. « Ce n’est pas un procès comme les autres, explique d’emblée Michel Voukengavocat du collectif des parties civiles. Le juge des référés, c’est le juge de l’urgence. Vu l’état de détresse psychologique des familles, il est urgent qu’on leur apporte des réponses. Cela n’interfère pas sur le fond du dossier mais nous ne sommes pas sur les causes du sinistre. Des personnes demandent à ce qu’on leur rende les corps ou les restes de leurs proches disparus pour pouvoir faire leur deuil. »

Le directeur général de Camrail, Didier Vandenbon, Cyrille et Vincent Bolloré de la société Bolloré Transport Logistics, actionnaire majoritaire de la société ferroviaire, assignés devant le juge des référés par des proches de passagers portés disparus lors de l’accident du train 152 du 21 octobre 2016, n’étaient pas présents lundi.

« La douleur ne disparaîtra pas »

Vêtu d’un complet veston gris et assis au premier rang du tribunal, Me Thomas Dissake, a suivi, le regard triste, les échanges du collectif d’avocats qui le défend et ceux de Camrail. Depuis le soir du 21 octobre, cet avocat recherche « désespérément » le corps de son épouse Dorette Enangue Njoh, notaire et occupante du siège n° 54C du train 152. « C’est un drame que je vis à ma façon. Les premiers jours, c’était très dur. J’ai eu des insomnies. Aujourd’hui, je me suis rabattu sur la recherche de mon épouse. Elle n’est pas là, lance-t-il. La douleur ne disparaîtra pas tant que je ne l’aurais pas vue. » ...


 


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