« Panama papers » : les petites cachotteries de l’ancien ministre algérien Ali Benouari

« Panama papers » : les petites cachotteries de l’ancien ministre algérien Ali Benouari
Source : Lemonde.fr Afrique
15/05/2017 16:00

En 2000, l’ex-ministre du Trésor avait créé une compagnie offshore pour dissimuler la vente des actions qu’il détenait dans le capital de Société générale Algérie.

 

En janvier 2000, Ali Benouari, ancien ministre algérien délégué au Trésor, a recouru aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca pour créer une compagnie offshore, Beroll Group SA, enregistrée aux îles Vierges britanniques. Une compagnie dissoute un an et demi plus tard, le 31 octobre 2001, et destinée à servir de paravent à la cession, au profit de Khalifa Bank, des actions qu’il détenait dans le capital de Société générale Algérie (SGA), la filiale locale du groupe français Société générale. Ali Benouari ne voulait pas que cela se sache.
« Après réflexion, M. Ali Benouari ne souhaite pas apparaître comme administrateur de la société en marge. C’est pourquoi je vous prie de procéder à la désignation d’un administrateur local. Ce dernier fournira un pouvoir en blanc. La procuration sera faite soit en faveur de M. Ali Benouari soit, le cas échéant, en mon nom. Dès qu’une décision sera prise, je vous le ferai savoir », peut-on lire dans la correspondance adressée le 22 février 2000 par Pierre Richa, patron de la société fiduciaire Pierre Richa & Partners, à l’antenne genevoise de Mossack Fonseca.

« Zèle à combattre la corruption »

Les documents obtenus dans le cadre du projet « Panama Papers », mené par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) avec plus de 100 rédactions (dont Le Monde), montrent que le cabinet panaméen a désigné deux administrateurs locaux avant de les remplacer par Ali Benouari sur demande de Pierre Richa. « Le nom du nouvel administrateur est Ali Benouari, d’Algérie, résidant à Genève. Veuillez préparer une décision pour l’ouverture d’un compte bancaire à Genève », a requis Pierre Richa dans une autre correspondance adressée à Mossack Fonseca en août 2000.

Selon sa biographie officielle, diffusée à grande échelle sur papier et sur sa page Facebook lors de la présidentielle de 2014 – il n’avait alors pas collecté assez de parrainages pour valider sa candidature –, Ali Benouari n’a jamais vraiment quitté l’Algérie depuis son éviction du gouvernement, en 1992. « Sa profession libérale lui a permis de ne jamais s’absenter d’Algérie plus de quinze jours. C’est ainsi qu’il se tient au courant de tout ce qui touche le pays », peut-on lire.

Nommé au gouvernement de Sid Ahmed Ghozali comme ministre délégué au Trésor en juin 1991, Ali Benouari s’est installé à Genève, en Suisse, après son remplacement par Ahmed Benbitour à la faveur du remaniement ministériel de février 1992. « Après son départ forcé du gouvernement, où on apprécia sa compétence mais pas son zèle à combattre la corruption, il repart à Genève où il fonde Ecofinance, une société de conseil en partenariats industriels et financiers. […] C’est à partir de là qu’il a pu concrétiser son rêve de fonder la première banque étrangère en Algérie, Société générale Algérie, dont il a été le premier président, de 1999 à 2004 », ajoute sa biographie. C’est à cette époque que le président de SGA a fait créer Beroll Group SA. ...


 


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