Syrie : Bachar Al-Assad se dépeint en leader démocrate, pacifiste et populaire

Syrie : Bachar Al-Assad se dépeint en leader démocrate, pacifiste et populaire
Source : Lemonde.fr International
09/01/2017 18:30

Dans un entretien « exclusif » à plusieurs médias français, le dirigeant syrien a nié que l’armée syrienne pouvait avoir commis des « crimes de guerre ».

En position de force sur la scène internationale après la « reprise » d’Alep aux rebelles, le président syrien, Bachar Al-Assad, a donné à trois médias français (RTL, France Info et LCP) une interview, la première depuis celle de David Pujadas en avril 2015. Cette rencontre avait lieu en marge de la visite de trois députés français à Damas : Thierry Mariani (Les Républicains, LR) – un très proche de la Syrie et de la Russie –, Nicolas Dhuicq (LR) – secrétaire du groupe d’amitié France-Russie et France-Biélorussie – et, plus surprenant, Jean Lassalle (ex-MoDem). Tous étaient « invités par les chrétiens d’Orient ».

Dans cet exercice de communication maîtrisée, le président syrien a par exemple nié avoir commis des « crimes de guerre » : « Si on avait fait des choses pareilles, nous n’aurions pas eu de soutien, je ne serai plus président, le gouvernement ne serait plus là. »

Pourquoi c’est faux

Selon la définition du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, un crime de guerre est une « violation grave du droit international humanitaire commis à l’encontre de civils ou de combattants à l’occasion d’un conflit armé international ou externe », ils « découlent essentiellement des Conventions de Genève du 12 août 1949 et de leurs Protocoles additionnels I et II de 1977 et des Conventions de La Haye de 1899 et 1907 ». Ainsi, tuer des prisonniers de guerre ou des civils, torturer des militaires sont des crimes de guerre.

Confirmées par l’enquête menée par Le Monde en 2013, les preuves existent de l’utilisation de gaz sarin par l’armée syrienne après le 30 juin 2013, date butoir après laquelle la Syrie devait avoir rendu la totalité de son arsenal chimique.

Dès juin 2014, les autorités françaises et britanniques disposaient de preuve de l’utilisation d’une autre arme contre les rebelles syriens : des gaz chlorés, selon le Centre d’étude du Bouchet, qui dépend de la Direction générale de l’armement et qui possède le seul laboratoire équipé pour produire des résultats certifiés dans le domaine des armes dans l’Hexagone.

A Alep, jusqu’en décembre, de nombreux témoignages ont fait état de bombardements, par l’armée syrienne et son alliée russe, sur les hôpitaux civils dans les zones qui étaient alors aux mains des rebelles et des brigades djihadistes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé, en octobre, les forces loyalistes à « cesser de tuer [et] d’attaquer les services de santé » dans les quartiers tenus par les rebelles. En septembre 2016, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait évoqué un « abattoir » et des « crimes de guerre » pour parler de ces bombardements attribués à la Syrie et à son allié russe.

Plus largement, si toutes les parties ont tué indistinctement des individus armés ou non dans un conflit qui a fait entre 312 000 et 450 000 victimes – dont au moins 90 500 civils – selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, la plupart des victimes sont imputable à Damas.

Ainsi, environ 80 % des morts sont le fait du pouvoir syrien et de ses alliés (armée régulière, milices locales ou milices chiites étrangères alliées au régime) selon le Réseau syrien des droits de l’homme, qui tâche de documenter les morts dus au conflit, en sourçant avec des articles de presse, des vidéos, des photos, etc.

De son côté, la coalition internationale a reconnu, lors de bombardements contre l’organisation Etat islamique, avoir tué à plusieurs reprises des civils. L’Observatoire syrien des droits de l’homme estime à 600 le nombre total de victimes des bombardements de la coalition. ...


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