Reconstituer le passé : Les coulisses de la bioarchéologie

Reconstituer le passé : Les coulisses de la bioarchéologie
Source : Sciencesetavenir.fr
06/01/2017 12:01

Margareta Tengberg, directrice de l’UMR Archéozoologie et archéobotanique : sociétés, pratiques et environnement, a accueilli Sciences et Avenir dans ses locaux afin de faire découvrir ces deux facettes de l’archéologie méconnues mais primordiales pour reconstituer les relations passées homme-nature .

« Connaître le passé pour comprendre le présent et tenter de mieux gérer l’avenir ». Voilà la mission complexe des chercheurs en archéozoologie et archéobotanique. Ces disciplines regroupent à la fois des archéologues, des historiens, des biologistes mais également des ethnologues et des chimistes. Il s’agit en effet de reconstituer non seulement la biodiversité retrouvée à divers endroits du monde et à différentes époques, mais aussi de comprendre comment celle-ci était gérée par l’homme et quelles étaient leurs relations avec la nature : quels animaux et végétaux mangeaient-ils ? Quel fourrage était utilisé pour nourrir les bêtes ? Quelles pratiques agricoles et culturelles étaient utilisées ? Autant de questions dont les réponses sont cachées dans chacune des pièces découvertes lors des fouilles archéologiques et qui nécessitent une multitude d’angles d’études et d’expertises pour être révélées.

La domestication, une connexion forte entre l’homme et l’animal

La bioarchéologie s’intéresse tout particulièrement à la domestication des espèces à toutes les périodes depuis le néolithique, un sujet qui relie à la fois transformation des relations homme-animaux et transformation des sociétés. Les sites de fouilles abondent de squelettes d’animaux souvent partiels qui contiennent bon nombre d’informations. Les assemblages d’os retrouvés sont souvent des déchets de consommation. Après avoir été photographiés, classés et identifiés à l’aide d’une collection de référence (osthéothèque), les chercheurs peuvent déjà avoir une idée de comment l’animal a été tué ou préparé en observant d’éventuelles traces de brûlures ou de découpage sur la surface des os, mais également à quelle espèce il appartenait, son âge et son sexe. Ainsi, on peut savoir quelles bêtes accompagnaient les hommes, celles qui n’apparaissaient jamais à leurs côtés et celles qui étaient particulièrement consommées. Au-delà de l’aspect purement alimentaire, des éléments culturels peuvent alors apparaître concernant les espèces que les populations semblaient épargner, celles qui pouvaient être « tabou » ou encore celles qui étaient utilisées lors de rituels. L’âge et la morphologie apportent encore d’autres informations et permettent de dresser une courbe d’abattage. Selon la période de vie à laquelle les animaux étaient abattus, les chercheurs peuvent alors déduire si ceux-ci étaient élevés pour leur viande, leur lait ou encore leur laine… en somme, comment étaient gérés les troupeaux.

Mais les os ne sont pas les seules sources de données. De la peau, de la laine ou encore de l’ivoire peuvent renseigner sur les conditions d’élevage. Les dents ont aussi une particularité : elles poussent de manière cyclique, selon les saisons notamment. ...

 


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